Alors que les langues régionales sont actuellement mises à l’honneur sur France 3 Régions, une délégation du Collectif pour les littératures en langues régionales à l’école s’est rendue au Ministère de l’Éducation nationale et se félicite d’avancées sur le dossier. On vous dit tout !

La censure de deux articles de la Loi du 21 mai 2021 relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion par le Conseil constitutionnel avait suscité la colère des défenseurs des idiomes autochtones de France. En se basant sur l’article 2 de la Constitution, les « Sages » ont retiré du texte l’autorisation de l’enseignement immersif en langue régionale à l’école. Dans nos colonnes, Paul Molac, député du Morbihan et rapporteur de la loi qui porte son nom, expliquait : « Le plus important, c’est de faire rentrer les langues régionales dans les écoles, avec toutes les difficultés que cela pose, dans la mesure où l’Éducation nationale n’est pas particulièrement portée sur l’innovation. »

Observant la manière dont les littératures en langues régionales sont ignorées par l’Éducation nationale, un collectif de linguistes, d’historiens, de journalistes et d’artistes militent pour leur intégration dans les programmes scolaires. Il y a plusieurs mois, nous avions partagé la tribune que le Collectif pour les littératures en langues régionales à l’école a écrite. L’écrivain Amin Maalouf (Samarcande, Les Identités meurtrières), secrétaire perpétuel de l’Académie française, avait apporté son soutien à la démarche après avoir reçu plusieurs membres du collectif en leur passant commande d’un corpus de textes issus des littératures en langues régionales françaises. 

En juin 2025, le Collectif pour les littératures en langues régionales à l’école a organisé une conférence de presse pour dévoiler le fruit de ses travaux : une anthologie intitulée Florilangues et éditée prochainement par la maison d’édition occitane L’Aucèu Libre, comprenant 32 textes bilingues qui révèlent toute la beauté et la diversité de ces littératures jusqu’ici totalement ignorées par les institutions républicaines. 

On apprend cette semaine que plusieurs membres du collectif, dont le journaliste Michel Feltin-Palas — auteur de la newsletter Sur le bout des langues et scénariste du film documentaire Une langue en plus, diffusé sur les différentes antennes de France 3 Régions à l’occasion de la Semaine des langues régionales — et Philippe Pratx — écrivain d’origine occitane et membre de la rédaction de Cheminez —, ont été reçus au Ministère de l’Éducation nationale le lundi 22 septembre 2025

Dans son communiqué de presse, le Collectif pour les littératures en langues régionales à l’école affirme que « l’échange avec les représentants du ministère, conseillers et inspecteurs généraux, a été riche et fructueux ». Il annonce de surcroît que « certaines pistes sont désormais sérieusement envisagées » : l’intégration de plusieurs oeuvres écrites en langues régionales et traduites en français aux programmes de français du cycle 4 (de la 5ème à la 3ème) et l’utilisation de l’anthologie Florilangues en tant que ressource d’accompagnement des programmes. 

Alors que d’autres rencontres entre le Collectif pour les littératures en langues régionales à l’école et les représentants du Ministère de l’Éducation nationale sont prévues « afin de passer à l’application pratique des idées évoquées », on ne peut que se réjouir de ses avancées majeures dans le combat pour la reconnaissance des trésors littéraires de nos régions. On espère que dans les mois ou années à venir, de grands écrivains alsaciens, basques, bretons, corses, guyanais, martiniquais, normands, occitans ou picards viendront côtoyer Molière, Rabelais, Hugo, Zola et Aragon dans les programmes scolaires, permettant d’élargir les horizons culturels des écoliers. 


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