Alors que le cinéma de divertissement américain connait une chute vertigineuse au box-office mondial – comme en témoignent les recettes décevantes engendrées par les grandes majors hollywoodiennes en 2023 –, de plus en plus de blockbusters asiatiques arrivent à se tailler une place dans les salles françaises lors de séances spéciales.
Après l’upercut Jawan (actioner bollywoodien survolté pour lequel nous avons consacré une chronique) et Godzilla : Minus One de Takashi Yamazaki, dernier film en date consacré au roi des kaiju japonais et qui a fait l’unanimité auprès du public et de la presse, place à Creation of the Gods I : Kingdom of Storms, film de fantasy chinois particulièrement prometteur.

Réalisé par Wuershan, Creation of the Gods : Kingdom of Storms adapte l’une des plus célèbres legendes chinoises. On y suit les aventures d’un jeune guerrier et d’un sage taoïste qui s’allient pour combattre un prince tyrannique et sa maîtresse possédée par l’esprit du Démon Renard. Il s’agit de l’adaptation de L’Investiture des Dieux de Xy Zhonglin, écrit entre la fin du XVIème et le début du XVIIème siècles. Ce classique de la littérature chinoise a été adapté plusieurs fois sur petit et grand écran, en Chine populaire comme à Hong Kong.
Cette sortie événementielle en Hexagone n’est pas due à un hasard du calendrier : Creation of the Gods I : Kingdom of Storms sera diffusé ce week-end du 10 et 11 février 2024 dans 137 salles à l’occasion du Nouvel An chinois. Alors qu’il était initialement prévu dans quelques salles parisiennes pour un total de 30 séances, le long-métrage aura finalement droit à 374 séances à l’échelle du territoire hexagonal.
La première bande-annonce, diffusée il y a quelques semaines, laisse présager un très grand spectacle, bourré de scènes de batailles dantesques et de décors époustouflants. La presse francophone et anglophone a tout de suite comparé le long-métrage avec la trilogie Le Seigneur des Anneaux de Peter Jackson, véritable référence du blockbuster américain.
Si le cinéma asiatique a toujours été présent dans les grands festivals européens, les succès récents de Jawan d’Atlee (Inde), Guerre et Paix (Sergueï Bondartchouck) et de Godzilla : Minus One de Takashi Yamazaki (Japon) nous rappellent combien ces pays ne comptent pas sur l’industrie américaine pour leur fournir des films à grands spectacles et sont au contraire autosuffisants.

Il est d’ailleurs important de souligner que Hollywood essaie régulièrement de charmer les publics chinois et indiens – qui sont des marchés importants, compte tenu de leurs fortes populations – sans toutefois y parvenir. Le studio Disney s’est ainsi cassé les dents avec son adaptation en live-action de la légende de Mulan par Niki Caro (2020), qui a reçu des critiques très négatives de la part de la presse et du public chinois. Pire, le film Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux, produit dans le but de cartonner en Chine, a été privé de sortie sur le territoire. De là à considérer Creation of the Gods comme une revanche du Dragon Chinois, il n’y a qu’un pas !






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