Le troisième dimanche de l’Avent vient de passer, et nous sommes dans la dernière ligne droite jusqu’à Noël. Comme chaque lundi depuis le début du mois de décembre, nous revenons aujourd’hui sur deux albums : un de musique régionale et un autre de musique du monde. L’occasion pour nous de revenir sur l’un des plus beaux ballets russes : Casse-Noisette de Piotr Ilitch Tchaïkovski.
Composé entre 1891 et 1892 et révélé au grand public le 18 décembre 1892, Casse-Noisette est devenu au fil des décennies la star des fêtes de Noël. Ce conte nous raconte l’histoire de Clara, une jeune fille qui reçoit de son oncle le soir du 24 décembre un jouet appelé « casse-noisette ». La nuit, les jouets du salon prennent vie tandis que le casse-noisette se transforme en prince. À l’instar de Peter Pan de J.M. Barrie, Casse-Noisette est une magnifique fable, onirique et féérique, sur le passage l’enfance à l’adolescence.

Le ballet de Tchaïkovski a connu une histoire pour le moins étonnante : lorsqu’il est présenté pour la première fois, il ne rencontre qu’un succès modéré, notamment à cause de son premier acte, dansé par des enfants de l’école de ballet de la troupe impériale, qui a rapidement été résumé à ses pantomimes. Toutefois, il a rapidement acquis un statut légendaire, et est aujourd’hui l’œuvre la plus connue de son auteur avec Le Lac des Cygnes, que l’on peut entendre aussi bien dans le Fantasia de Walt Disney (1940) que dans de nombreuses publicités.
Si nous désirions vous parler de Casse-Noisette de Tchaïkovski, ce n’est pas uniquement pour des raisons calendaires. On retrouve dans sa genèse ce qui a conduit à la création de Cheminez : il nous renseigne sur la manière dont les cultures véhiculent.
Avant d’être le symbole du ballet-féérie, Casse-Noisette a d’abord été un conte originaire d’Allemagne : Casse-Noisette et le Roi des Souris (Nussknacker und Mausekönig) d’Ernst Theodor Amadeus Hoffman, pape du romantisme d’outre-Rhin, publié en 1816. Le conte a ensuite été adapté par Alexandre Dumas (Les Trois Mousquetaires, Le Comte de Monte-Cristo) en 1844, sous le titre Histoire d’un casse-noisette. C’est la version de Dumas qui servira de base au ballet de Tchaïkovski.
La musique de Tchaïkovski est ouverte sur le monde et l’Histoire. On y trouve à la fois des échos à la musique de Mozart, mais également des variations autour de vieilles chansons françaises, comme Cadet Rousselle (datant du XVIIIème siècle) ou encore Vaudeville de Monsieur Dumollet. On trouve également dans le ballet des danses russes, arabes et chinoises.
Pour finir, nous souhaiterions répondre à une question que vous ne vous êtes peut-être pas posée, mais qui est pourtant digne d’intérêt : pourquoi l’oncle de Clara lui offre un casse-noisette pour Noël ? Pour le comprendre, il faut revenir à l’histoire de ce jouet, qui date de la fin du Moyen-Âge.
Les casse-noisettes ont été créés par les mineurs d’une ville se trouvant à la frontière entre l’Allemagne et l’actuelle République Tchèque appelée Seiffen. En 1699, les mines devenant moins rentables, un homme est allé vendre ces figurines à Leipzig où se tenait une foire. Elles y ont rencontré un tel succès que la petite ville s’est spécialisée dans leur production. Censées protéger les maisons, les casse-noisettes sont rapidement devenus la star des cadeaux de Noël. Si les traditions de Noël vous intéressent, nous vous recommandons de découvrir notre article sur les chants et traditions de Noël originaires de Corse !
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