Chaque 8 mars, à l’occasion de la Journée Internationale des droits de la femme, plusieurs manifestations mettent en avant les réalisations des femmes dans plusieurs domaines (sociaux, sociétaux, économiques, politiques, artistiques).
Pour être à la hauteur de cette journée, la rédaction de Cheminez a fait appel à six femmes apprenant le français et originaires de divers pays (Bulgarie, Guinée-Bissau, Maroc, Tunisie) pour qu’elles nous parlent de femmes qui les inspirent au quotidien ou qu’elles apprécient pour leurs réalisations.
Article co-écrit par : Elizabete GOMEZ DA SILVA MENDES (Guinée-Bissau), Aziza CHABAB (Maroc), Vanya METODIEVA (Bulgarie), Boudour TOUATI (Tunisie), Lamiae RAHMOUNI (Maroc), Hafsa BOUTAMMENT (Maroc).
SAYYIDA AL-HURRA (Maroc), par Lamiae RAHMOUNI
Sayyida al-Hurra est née à Grenade en 1485. Elle est la fille du prince Ali ibn Musa ibn Rachid al Alami et sa mère est espagnole de la région de Cadix. Elle s’est convertie à l’Islam après son mariage et s’appelle Lalla Zahra.
En 1492, Grenade tombe aux mains de Fernando II et d’Isabelle Ière. Le prince Ali et sa famille émigrent au Maroc par peur de l’Inquisition et fondent la ville de Chefchaouen. Madame Hurra a passé une enfance normale. Elle a reçu une bonne éducation, et elle maîtrisait plusieurs langues. A l’âge de 16 ans, elle épouse l’émir de Tétouan, Ali-MandHari.

Sayyida Al-Hurra, la pirate-sultane marocaine
C’était une femme intelligente. Elle a appris à devenir dirigeante adjointe et a même assumé le pouvoir pendant les périodes d’absence de son mari. Après la mort de ce dernier, elle a été acceptée comme successeuse de son époux. Elle s’intéressait à l’aspect militaire et avait à cœur la protection de sa ville ; elle a formé une armée puissante et s’est alliée au pirate Khair ad-Din Barbaros Al-Othmani. Ainsi, Al-Hurra a pris le contrôle de la Méditerranée occitendale du côté marocain. En 1541, elle a épousé le sultan Ahmed Al-Watassi, après trente ans de règne caractérisés par la solidité, la force et la diplomatie.
En 1542, son palais est assiégé par Muhammad al-Hassan al-Mandhari et sa famille, qui s’était allié aux Espagnols et aux Portugais. Elle est expulsée de son palais et ses biens sont volés. Elle s’est exilée à Chefchaouen, où elle est morte en 1561. Elle a été enterrée au Riad al-Zawiya al Raysuniyya.
J’ai découvert Madame al-Hurra par l’intermédiaire d’un chanteur marocain nommé Noman El Helou, qui a chanté sur elle. J’ai choisi d’écrire sur ce personnage historique bien connu parce que c’était une femme forte et intelligente qui a su prendre une place qui était réservée aux hommes, et parce qu’elle était libre de prendre ses propres décisions. « La dame libre » a vécu et est morte librement. Que Dieu lui accorde la miséricorde.

Lamia RAHMOUNI
CHOUMICHA (Maroc), par Aziza CHABAB
Je vais vous présenter une femme. Elle s’appelle Choumicha Chafay. Elle est l’une des cuisinières les plus populaires du monde arabe. Elle est de nationalité marocaine. Elle est née en 1972 à Had Kourt, une petite ville du Maroc près de Rabat. Elle a toujours habité au Maroc. Aujourd’hui, elle a 52 ans.

Choumicha, la reine de la cuisine marocaine
Choumicha a d’abord présenté une émission gastronomique sur la chaîne 2M. Depuis, elle est devenue animatrice et productrice de plusieurs émissions, et est aussi propriétaire d’un grand restaurant à Dubai. Elle a aussi écrit 30 livres de cuisine, et a participé à plusieurs émissions télévisées comme Masterchef et Top Chef.
Choumicha n’a pas connu de difficulté particulière. Elle est diplômée en marketing et en communication. Cela l’a aidée dans sa carrière. Mais bien sûr, elle a dû travailler beaucoup pour arriver là où elle est arrivée.
J’ai découvert Choumicha quand j’étais jeune. Je regardais son émission Ch’hiwate Choumicha qui passait à la télévision. Je l’ai choisie car j’aime sa personnalité, et aussi parce qu’il m’est arrivé de cuisiner quelques fois des recettes qu’elle a présentées dans son émission. Je trouve aussi qu’elle représente très bien le Maroc à l’International.

Aziza CHABAB
LILI IVANOVA (Bulgarie), par Vanya METODIEVA
Lili Ivanova est une chanteuse bulgare née le 24 avril 1939 dans la ville de Koubrat. Elle porte le nom de sa soeur décédée, Liliana. Son père travaillait comme chauffeur et sa mère comme serveuse. La famille a quatre enfants, tous des filles, dont deux moururent de la scarlatine.
Quand Lili avait huit ans, ses parents ont collecté des fonds pour lui acheter un accordéon ; mais il n’y avait personne pour lui donner des cours. Elle a donc appris toute seule. Au collège, elle a montré son intérêt pour apprendre à jouer du piano. Elle a commencé à chanter dans une chorale d’école. Elle pratique aussi la gymnastique rythmique et a remporté une médaille d’or.

Lili Ivanova, la grande dame de la pop bulgare
Elle épouse Georgi Pavlov, un docteur, mais leur mariage n’a pas duré à cause de difficultés domestiques. Elle décide de ne plus retourner dans la ville de Pernik, où vivait le couple. Elle divorce en 1964.
Pendant ce temps, la popularité de Lili Ivanova continue de grimper en Bulgarie. Elle a remporté de nombreuses récompenses, et a été repérée par le directeur du Festival International de la chanson pop de Rio de Janeiro, qu’elle a rencontré au Festival d’Athènes. Ce dernier l’a invitée pour tourner un film et enregistrer 12 chansons à Lisbonne. Au Brésil, elle chante devant 30 000 personnes.
J’ai découvert Lili Ivanova en regardant la télévision et en lisant les journaux. Je l’ai choisie pour la Journée Internationale des Droits de la Femme parce que j’aime beaucoup sa voix.

Vanya METODIEVA
AISHA CHENNA (MAROC), par Hafsa BOUTAMMENT
Aisha Chenna est née à Casablanca, au Maroc, le 14 août 1941. Elle est connue pour avoir été la Présidente de l’Association de Solidarité féministe. Dans le cadre de son travail associatif, elle a défendu les droits des mères célibataires et de leurs enfants. Elle aidait aussi les victimes de violences. Son association formait les femmes à la cuisine, à la couture, à la comptabilité, etc.

Aisha Chenna, la militante féministe au grand coeur
Aisha a remporté de nombreux prix en reconnaissance de son travail humanitaire, notamment le Prix des Droits de l’Homme de la République française en 1995. Elle a également été décorée de la Légion d’honneur par François Hollande en 2013. Au Maroc, le roi Mohammed VI lui a décerné la médaille d’honneur en 2000.
Aisha Chenna n’a pas eu une vie facile : son père est mort trois ans après sa naissance. Son beau-père, inquiet des troubles qui ont touché le Maroc à cette époque, lui a demandé d’arrêter ses études à l’âge de 16 ans. Elle est morte le 25 septembre 2022.
Je l’ai découverte à la télévision. C’était naturel pour moi de parler d’elle à l’occasion de la Journée Internationale des Droits de la Femme : selon moi, c’était une femme forte, bienveillante, sensible aux difficultés des femmes qu’elle a aidées. C’était une femme extraordinaire, qui a fait de très bonnes actions. C’est une icône du travail humanitaire au Maroc.

Hafsa BOUTAMMENT
DULCE NEVES (Guinée-Bissau), par Elizabete GOMEZ DA SILVA MENDES
Dulce Neves est l’une des plus grandes voix de la chanson en Guinée-Bissau (Afrique de l’Ouest). Née le 28 janvier 1960 à Mansoa, dans le nord du pays, elle est issue d’une famille de musiciens. Elle devient chanteuse professionnelle dès l’âge de 16 ans.

Dolce NEVES, la voix de l’Indépendance
Dans les années 1960/1970, elle chante au sein du groupe de musique Super Mama Djombo, dont les chansons deviendront le symbole de l’Indépendance de la Guinée-Bissau, acquise en 1973. Si le groupe comporte de nombreuses personnalités importantes et de musiciens talentueux, la voix de Dulce Neves a fortement marqué les musiques du groupe.
En 1980, elle commence une carrière solo, et reçoit de nombreuses récompenses. Les habitants de Guinée-Bissau n’oublient pas leurs icônes, et suite à son premier album en 1996, chanté en créole-portugais, elle est nommée Ambassadrice de la musique moderne bissau-guinéenne par le président Kumba Yala.
J’ai choisi de parler d’elle à l’occasion de la Journée Internationale des Droits de la Femme parce qu’elle compte beaucoup pour moi. Non seulement elle est très attachée à notre pays – elle a refusé de faire carrière à Londres pour rester en Guinée-Bissau -, mais en plus je l’écoute régulièrement avec ma mère.

Elizabete GOMEZ DA SILVA MENDES
RADHIA HADDAD (Tunisie), par Boudour TOUATI
Radhia Haddad est la premièrement femme députée de Tunisie. Elle est née à Tunis le 17 mars 1922. Elle est connue pour son engagement féministe, et a présidé notamment l’Union Nationale des Femmes de Tunisie durant quinze ans.

Rahdia Hadad, la présidente des femmes tunisiennes
Parmi ses nombreux combats, elle a milité pour que les femmes apprennent à lire et à écrire en ayant accès à l’éducation. Elle désirait également que les femmes obtiennent leur autonomie financière par le travail. Elle a également fondé la revue La Femme. En reconnaissance de son engagement, le président Habib Bourguiba a déclaré : « Je suis le président des hommes, et vous êtes la présidente des femmes. » Elle est morte à 81 ans le 20 octobre 2003 à Carthage.
Pour cette Journée Internationale des Droits de la Femme, j’ai décidé de vous parler de Radhia Hadad parce que c’est une femme forte, et qu‘elle s’est battue toute sa vie pour les droits des femmes.

Boudour TOUATI






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